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LE JEUNE INDEPENDANT - Article samedi 16 Avril 2016
Propos recueillis par Djamel BOUDA

L’artiste peintre Farid BENYAA
«L’art est une question de subtilité»

Artiste peintre intellectuel, Farid Benyaa, cet architecte de profession, se veut de créer chaque fois des œuvres originales autour du thème de la femme, mais inspirées du patrimoine et s’inscrivant dans une perspective universelle. Farid Benyaa, qui travaille par collection, présente actuellement dans sa galerie sise dans le quartier des Sources (sur les hauteurs de Bir Mourad Raïs, Alger) sa quatrième collection en hommage à la femme et intitulée « Algériennes source du futur ». Cette exposition est accompagnée d’un beau livre qui met en lumière les quatre séries dont la première remonte à trente ans. Dans un entretien au Jeune Indépendant, il donne une présentation de cette dernière série tout en revenant sur les trois précédentes. Il évoque aussi son style et les techniques utilisées pour chaque série et souligne l’importance de s’inspirer de son patrimoine et de le perpétuer tout en s’ouvrant sur l’universalisme.

Le Jeune Indépendant :- Pourriez-vous nous donner un aperçu de votre dernière exposition qui se tient dans votre galerie ?
Farid Benyaa- L’exposition s’intitule « « Algériennes source du futur ». Elle comprend vingt-cinq œuvres et se veut un hommage à la femme algérienne. Cette exposition est accompagnée d’un beau livre dans lequel j’ai repris cette dernière collection ainsi que les trois précédentes. Ce sont des portraits de femmes réalisées en trente années.

Le Jeune Indépendant : Avant de nous présenter cette dernière série d’œuvres, pourriez-vous évoquer pour nos lecteurs les trois précédentes ?
- Comme je l’ai dit, le livre reprend les quatre séries d’œuvres à travers quatre chapitres, chaque chapitre porte le titre de l’exposition. Le premier chapitre est intitulé « Tradition » et reprend le travail réalisé en 1986. Le second chapitre est intitulé « Symbole » et dont un aperçu des œuvres réalisées entre 1994 et 1998. Le troisième chapitre évoque le travail de la période 2011-2012 et porte le titre « Vibrations ». En ce qui concerne la première collection, j’étais dans le figuratif avec une technique académique, j’avais un regard passif. J’ai représenté la femme algérienne avec ses bijoux et ses costumes ; J’ai représenté la réalité dans le sens du patrimoine. La seconde collection est dans le style symbolique, donc je change de statut en devenant un artiste plasticien qui se
positionne par rapport aux préoccupations de sa société. Chaque oeuvre est un thème qui traite de la femme algérienne dans son quotidien et dans la diversité de ses états d’âme. Dans cette collection, j’ai notamment évoqué le thème de la femme battue, de l’exil, de l’enfance cadenassée ainsi que la polygamie, un héritage du passé. L’objectif de l’artiste n’était pas d’apporter une solution mais de soumettre à débat le quotidien des Algériennes. A côté des titres tristes cités, il y avait aussi de la joie, du soleil, de l’enthousiasme à travers des légendes et des symboles qui caractérisent la culture algérienne. La caractéristique de cette technique dite « symbolique », c’est que la première perception de l’oeuvre est le portrait mais quand il se rapproche, l’observateur découvre des figurines qui sont des sortes de graphiques énigmatiques dissimulés dans le portrait et qui taquinent l’imaginaire, le vécu et les fantasmes de l’observateur. La plupart de ces œuvres sont accompagnées de légendes réalisées par l’artiste et qui permettent d’orienter l’observateur pour leur décryptage. Dans la troisième série de tableaux, mon graphisme s’est libéré, j’étais sorti de l’ornière déjà depuis quelques années. Cette liberté est une sorte de synthèse entre ma propre évolution intérieure et l’évolution d’une Algérie qui bouge. Donc, j’ai intégré dans mon trait une sorte de vitesse et de sonorité qui crée une sorte d’élévation du portrait de l’Algérienne qui décide elle-même de s’inscrire dans cette élévation liée à la modernité. Cette collection est en noir et blanc, le noir et blanc étant pour moi une synthèse de toutes les couleurs. Pour le trait, je le voulais énergique, vibrant, mordant avec des taches et des giclures ceci permettant de renforcer le caractère mystérieux et poétique des œuvres. Là aussi des figurines ont été intégrées pour renforcer le mystère.

Le Jeune Indépendant : Et pour le quatrième chapitre, correspondant à la présente collection?
- Cette dernière collection cherche à inscrire la femme algérienne ainsi que la technique picturale utilisée dans une dimension qui se veut universelle. Et pour cela , quoi de mieux que l’abstraction qui donne la parole à l’inconscient? Donc j’ai utilisé de nouveaux modes d’expression ; des portraits suggérés sont zoomés pour probablement se rapprocher de l’âme et de la vie ésotérique de la femme. La référence au patrimoine se veut subtile et non pas clignotante comme dans les premières œuvres datant des années 80. Mon défi c’était d’éviter de m’inscrire dans un art universel fade et impersonnel ou de m’inscrire dans un art avec une image typique du patrimoine utilisée comme une enseigne clignotante. Pour moi, l’art est universel mais il faut le rattacher à son humus originel avec une subtilité qui lui confère une dimension particulière.

Le Jeune Indépendant : Les supports de cette dernière série sont très esthétiques mais aussi originaux. Pourriez-vous nous en parler ?
- Le graphique se voulant très contemporain, je voulais que le support soit lui aussi innovateur. Donc, j’ai utilisé des supports en bois noble avec une brillance exceptionnelle à laquelle il faut ajouter la brillance des œuvres, le tout dans un contraste qui se veut éclatant entre les œuvres et les supports. Cette technique me permet une diversité à l’infini et des formats parfois impressionnants.

Le Jeune Indépendant : Vous avez utilisé dans tous vos tableaux des techniques mixtes?
- Les techniques sont mixtes. A la base, le rapido et l’encre de chine, mes outils de travail en tant qu’architecte, avec des taches d’aquarelle. Mais ma grande nouveauté, à titre personnel, est l’utilisation de l’outil informatique. C’est un outil comme un autre et en plus de cela il permet d’obtenir des effets exceptionnels. L’outil informatique m’a permis d’aller dans des horizons que je n’avais jamais abordés, et d’obtenir des couleurs que je n’avais jamais utilisées ; Le rendu final m’a surpris.

Le Jeune Indépendant : En plus de l’esthétique et des messages, pour vous une oeuvre doit dégager beaucoup d’émotion ?
- Ce qui caractérise autant mon travail que mon espace, c’est la double préoccupation de la notion de tout et de la partie. La première notion que j’ai apprise à l’école d’architecture c’est le souci du détail. Le plus important pour moi , ce n’est pas de me contenter d’accrocher des tableaux mais de les mettre en scène et les faire dialoguer entre elles. Il est aussi essentiel de créer une émotion de globalité entre les œuvres, l’espace, les objets, le mobilier, les sculptures et la lumière, qui est pour moi un matériau à part entière. Cette émotion, l’observateur doit la découvrir au premier coup d’oeil, c’est-à-dire en franchissant le seuil de la galerie. La découverte de l’oeuvre ponctuelle doit se faire au fur et à mesure avec son cheminement.

Le Jeune Indépendant : Il y a aussi des textes qui accompagnent vos œuvres ?
-Les textes qui accompagnent les tableaux font partie de mon parcours. Depuis toujours, mes œuvres ont accompagné d’une légende et il me semble que ces légendes ont bougé, ont évolué dans leur contenu au même titre que le contenu de mes travaux. Pour les textes, je m’inscris aussi dans l’universel. Il y a des textes d’auteurs algériens classiques comme Kateb Yacine et Assia Djebbar mais aussi de jeunes auteurs comme Kamel Daoud. Il y a des textes d’auteurs français qui ont un lien avec l’Algérie comme Sénac, Sartre, Camus. Il y a des auteurs arabes comme Khalil Djebrane, Amine Malouf . L’objectif de ces textes, de ces légendes et de ces citations est de donner une dimension littéraire.

 

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